LA REFERENCE PLUS                                 N° 2626  DU 20 NOVEMBRE 2002     Page 6

 

A l’occasion d’une conférence débat samedi dernier à l’UPC

Le rôle des PME passé au crible

Sur l’initiative du Groupe de réflexion belgo-congolais, l’expert financier et Président Directeur-Général de COGEDEV en séjour en RDC Monsieur Guy DE KEYSER et l’administrateur délégué général de l’office de promotion des petites et moyennes entreprises (OPEC) Madame Vitalie LUBUMA ESWABOYA ont animé une conférence le samedi 16 novembre 2002 dans la salle de G2 Droit de l’Université protestante au Congo. «La problématique des investissements pour les PME de la République démocratique du Congo dans le cadre des relations de partenariat avec le monde extérieur » est le thème qui a été abordé pour cette journée.

   Ayant abordé le sujet « Environnement des PME congolaises », Mme LUBUMA a donné une brève présentation du cadre macro-économique congolais tout en indiquant que depuis 1990, la RDC évolue dans un contexte de crise multiforme qui s’est généralisé à la suite des différents pillages et des deux guerres intestines, de la dégradation de la situation économique a accéléré l’état de pauvreté de la population congolaise.

Les principaux traits caractéristiques du cadre macro-économique au cours de ces dernières années sont entre autres : le recul de la croissance économique accentué par le contexte de guerre, la persistance d’une inflation élevée, la faiblesse du crédit à l’économie etc. « Puisque les grandes entreprises ont cessé de fournir des emplois générant des revenus, les micros, petites et moyennes entreprises apparaissent comme une stratégie conjoncturelle de survie » a-t-elle ajouté. Cependant cette intégration de la micro entreprise soulève toute la problématique de la promotion de la PME moteur du développement et elle est butée à certaines contraintes telles que le cadre politique, le cadre juridique, administratif et fiscal, le cadre institutionnel etc.

   Quant à sa politique d’encadrement des entreprises, l’OPEC se centre autour de deux actions, à savoir : l’information et la formation des entrepreneurs déjà existants et potentiels.

   Ainsi, pour concrétiser cette politique eu égard à l’expérience antérieure, à la précarité des ressources disponibles, au nombre élevé d’entreprises à encadrer ainsi qu’à leur éparpillement sur le vaste territoire national, l’OPEC a opté pour une stratégie de proximité des actions.

   Monsieur DE KEYSER par contre a établi une nette différence entre les PME des pays dits développés et celles des pays en voie de développement. Pour les pays dits développés, a-t-il dit, les PME ont comme objectif premier : le profit. Comme les autres entreprises, elles gèrent le temps de façon serrée. De ce profit découle ; entre autre chose, la capacité de l’Etat de remplir ses engagements sociaux et autres, par la perception équitable des impôts et autres cotisations, perception effectuée par des fonctionnaires correctement payés.

   Par contre, les pays en voie de développement n’ont pas comme objectif le profit en tant que tel, mais seulement de fournir des moyens de subsistance. Elles souffrent d’une mauvaise gestion du temps, de personnel non qualifié, et même si ce personnel est peu coûteux, ce manque de qualification empêche la productivité et donc ralenti la croissance de l’entreprise et le développement.

 

Fifi LIGBANO

                                        Stagiaire