LE POTENTIEL                             N° 2681  - Mercredi 20 novembre 2002  -     Page 11

 

PME : un expert financier belge détermine les éléments constitutifs d’un projet à financer

« La présentation du dossier d’un projet à financer pose souvent problème pour les Petites et moyennes entreprises (PME) congolaises. Un tel dossier est, dans la plupart des cas, rejeté à cause d’éléments incomplets, pharaoniques ou erronés qu’il contient. Les opérateurs économiques, européens surtout, hésitent, refusent d’entrer en partenariat ou d’investir dans les PME évoluant dans l’informel, incapables d’honorer leurs engagements et dont les portes d’accès au crédit leurs sont fermées ».

   Monsieur Guy DE KEYSER, expert financier belge, en séjour à Kinshasa, l’a indiqué au cours de la conférence organisée, samedi 16 novembre 2002, à l’Université protestante au Congo, commune de Lingwala par le Groupe de réflexion belgo- congolais sous le thème : « La problématique des investissements pour les PME de la République démocratique du Congo dans le cadre des relations de partenariat avec le monde extérieur ».

   L’expert belge a donné les éléments constitutifs du dossier d’un projet en citant d’abord la page de couverture sur laquelle doivent se retrouver les indications sur le type et le nom du projet, sa localisation géographique et la date d’établissement du dossier. Ensuite, vient la table des matières. Dans l’introduction, doivent être indiqués, les cours de devises de références à la période d’établissement du dossier. C’est indispensable pour la réactualisation financière de ce dossier. Il faudra aussi mentionner les noms et adresses complètes (e-mail, si possible) du ou des promoteurs du projet ainsi que le contenu et la motivation dudit projet.

   Quant à la description et à la valorisation des investissements, il faut expliquer ce que l’on veut. Il est aussi important de déterminer les besoins en fonds de roulement et faire la synthèse financière en incorporant 10% pour les impondérables (imprévues).

   Monsieur DE KEYSER a aussi insisté sur l’apport du promoteur du projet qui, en principe, est de 30%. Sans oublier les frais d’étude et de recherche, l’expérience que l’on a dans le domaine, les détails des besoins dont on sollicite l’aide extérieure, etc.

  Ce dossier doit impérativement faire ressortir le compte de résultat prévisionnel. Il est question de recettes (le chiffre d’affaires) desquelles il faut déduire les dépenses (les achats de matières premières et marchandises moins le stock ; frais de fonctionnement direct et indirect, frais financiers et divers ainsi que les impôts et taxes) et les amortissements. Faire voir enfin la capacité de rembourser ou de distribution. Et en dernière page, placer un glossaire qui décrit les abréviations utilisées.

   Auparavant, Monsieur DE KEYSER a différencié une PME d’une ONG. L’objectif premier d’une PME est de réaliser un profit. « Si un chef d’entreprise belge ou européen vient jusqu’ici, ce n’est pas pour perdre du temps ou de l’argent, mais en gagner », a dit le conférencier avant de conclure : « Il ne vient pas en donateur ».

   De son côté ; l’administrateur- délégué de l’Office de promotion des petites et moyennes entreprises du Congo (OPEC), Madame Vitalie LUBUMA AYISWA, a planché sur le sous-thème : « Environnement des PME congolaises ». Elle a relevé les obstacles qui entravent le bon fonctionnement et freinent le développement des PME en RDC. Il s’agit, notamment de l’environnement institutionnel caractérisé par l’insuffisance de l’appui financier de la part du gouvernement par rapport au volume des actions à mener, de l’absence d’une politique gouvernementale cohérente et des stratégies fiables de promouvoir la PME et de la multiplicité des textes juridiques, administratifs et fiscaux.

   Il faut aussi citer la lenteur et la lourdeur administrative, l’absence d’une loi qui définit la PME de manière satisfaisante, l’inaccessibilité au crédit à cause des garanties insuffisantes, du poids de la famille et de la prédominance de l’enseignement général par rapport à celui technique.

   L’oratrice a relevé les entraves au développement de l’entreprenariat féminin. Parmi ces écueils, le faible niveau d’instruction de la femme et de l’ignorance de ses droits ainsi que l’ampleur du poids ménager, l’ingérence du mari dans la gestion, l’ignorance de la nécessité des documents administratifs et comptables et l’absence d’étude de faisabilité au démarrage de l’affaire.

   Quant à la politique de l’OPEC pour l’encadrement des micros- entreprises, Madame LUBUMA AYISWA a rappelé qu’elle repose sur l’information et la formation des entrepreneurs existants et potentiels. Pour concrétiser cette politique, l’OPEC a opté pour une stratégie de proximité des actions sur le terrain. N’ayant pas d’antenne dans toutes les provinces du pays, l’OPEC entend être présent sur tout le territoire national. Objectif : « Etre le plus près possible des opérateurs économiques en vue de mieux les connaître, connaître leurs problèmes et leur apporter l’appui dont ils ont besoin ». L’Office va pour cela recourir au service d’encadrement des PME et certaines institutions représentées sur l’ensemble de la RDC.

          OLIVIER DIOSSO