LE POTENTIEL N° 1095 Jeudi 14 août 1997
Les
entrepreneurs belges redécouvrent le Congo !
Depuis sa libération,
notre pays génère un regain d’intérêt qui, à certains égards, frise
l’engorgement. On ne compte plus les délégations économiques qui
atterrissent à N’Djili. Moins visibles, mais tout aussi nombreux, les hommes
d’affaires de tous horizons campent dans la ville. Peur de rater le train ?
Signe de redéploiement ?
A cet égard, des opérateurs économiques de notre ancienne métropole
ne sont les moins nombreux. Pour preuve, nous avons rencontré l’un d’entre
eux, M. Guy DE KEYSER, chef d’une PME bruxelloise, dans notre ville depuis
plusieurs jours.
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L.J. : Monsieur DE KEYSER, qu’est ce qui vous
amène dans notre pays ? GDK : Outre des raisons matrimoniales puisque la
majorité de ma belle-famille se trouve ici, c’est en fait fort simple.
Je suis venu à Kinshasa faire des affaires. L.J. : Est-ce votre premier voyage en RDC ? GDK : Non, c’est le deuxième. J’ai découvert
Kinshasa fin janvier de cette année pour une première visite à la
famille. L.J. : Pouvez-vous nous dire un mot sur vos
affaires ? GDK : Un mot sera peut être court ! La
société que je dirige à Bruxelles, la S.A. KRATZMANN, ALLANSON, MATHIOT
and PARTNERS, en abrégé KAMAT CONSULT est une PME de services, qui
active notamment dans les domaines de la consultance et du développement.
Spécialisés dans l’assistance de gestion et la préparation de
dossiers de financement de projets pour des PME/PMI en Belgique et dans
d’autres pays européens, je me suis posé la question « Pourquoi
pas dans ce pays en mutation ? ». D’autant qu’un
dossier se prépare souvent en respectant les mêmes critères quel que
soit le pays et, renseignement pris auprès d’institutions
internationales donatrices. 80% des dossiers de demande de financement
provenant d’Afrique sont mal préparés et mal suivis. L.J. : Votre voyage intervient après la visite du ministre belge de la Coopération, M. MOREELS, et celle d’une délégation belge. Y a-t-il un lien entre ces deux événements ? GDK : Vous n’êtes sûrement pas sans savoir
que dès la fin mai, la Belgique avait déjà dépêché un officiel pour
rencontrer les nouvelles autorités et que certains de nos ministres,
comme M. MOREELS, n’en sont pas à leurs premières visites depuis le 17
mai. Je vous informe peut-être, mais
il y a, à ma connaissance, au moins quatre visites de délégations
importantes tant économiques pures que politico-économiques qui sont
programmées par la Belgique d’ici à janvier 1998… Un lien entre les
deux événements ? Je dirai non, car je me considère comme un homme
de terrain non politique, et dès que j’ai ressenti qu’il était temps
de venir, je suis venu. Un officiel de votre pays que je rencontrais récemment
me demandait pourquoi venir si tôt, j’ai répondu que c’était peut
être tôt, mais qu’il valait mieux maintenant que tard. |
L.J. : Quel est le bilan de votre séjour ? GDK : Je n’ai qu’une réponse : bilan
positif et prometteur. Je venais à Kinshasa avec les dossiers de
plusieurs PME/PMI me demandant d’établir une étude préalable
d’opportunité pour l’établissement dans le pays de petites entités
industrielles et je peux dire que l’administration s’est montrée
collaborante avec compétence dans toutes les démarches que j’ai
entreprises. Je venais aussi pour offrir les services de notre société
à des PME/PMI congolaises qui souhaiteraient obtenir de l’aide
d’institutions donatrices en vue de lancer ou de réhabiliter des
projets porteurs, et là aussi le résultat est positif. J’ai rencontré
de jeunes chefs d’entreprises connaissant leurs dossiers et ayant la
volonté de tourner la page. De plus, j’ai eu la satisfaction de pouvoir
signer pour notre société une convention de partenariat avec une société
de la place, récemment créée et ayant une activité quasi identique à
la nôtre. Cela nous permettra des synergies accélérant les procédures
des dossiers que notre partenaire et nous allons traiter en commun. L.J. : Si vous aviez un message à faire passer
aux entrepreneurs congolais et plus particulièrement aux gestionnaires de
PME/PMI quel serait il ? GDK : La première réponse qui me vient à
l’esprit est un slogan de l’usine : You can because you are !
( Vous pouvez car vous êtes). Quand on constate l’ingéniosité des
Congolais face au délabrement du tissu économique et aux difficultés de
toutes sortes de ces dernières années, j’ai le sentiment que dès que
ces entrepreneurs congolais pourront percevoir que les multiples missions
économiques qui défilent dans votre pays apportent aussi, dans leurs
sillages, des solutions concrètes, l’entreprenariat, voyant l’éclaircie,
va redoubler d’efforts. Quant aux gestionnaires, je leur proposerai mon
plan triennal : la rigueur horaire. L.J. : C’est-à-dire ? GDK : J’ai fait le bilan des heures que j’ai
passées à attendre sans résultat une entrevue ou parce que mon
interlocuteur était en retard. Force m’est de constater que cela avait
représenté près de 30% de mon temps. Multipliez cela par e nombre de
personnes concernées dans la société kinoise ou congolaise et imaginez
tout ce qui aurait pu être fait pendant ce temps s’il
avait pu être productif. L.J. : Le mot de la fin ? GDK : Je reviens très bientôt ! |