LE POTENTIEL                                                     N° 1254   Samedi 21 février 1998

 

Les PME/PMI belges vont revenir, Guy DE KEYSER y croit

Il semble que les PME belges répondent favorablement à l’appel lancé par le président KABILA. Loin des contrats miniers astronomiques qui défraient tant la chronique, les PME/PMI belges ont adopté une démarche plus pragmatique et discrète, mais efficace pour concourir à la reconstruction du Congo. Telle est la conclusion que nous pouvons tirer de l’entretien qu’un homme du domaine, M ; Guy DE KEYSER, nous a accordé il y a peu.

Le Potentiel : Qu’est ce qui ramène dans notre pays, six mois après votre précédente visite ?

Guy De KEYSER : Ce qui me ramène évidemment c’est le prolongement de ce qui avait été initié l’année dernière. En effet, même s’ils sont encore indécis, les opérateurs économiques belges, et plus particulièrement les PME/PMI s’apprêtent à venir ou revenir.  

L.P. : Mais qu’attendent-ils ?

G.D.K. : J’ai, en effet, eu l’opportunité d’assister à certaines réunions des Amis du Congo à Bruxelles en décembre. J’ai noté les efforts du gouvernement qui a reconnu les dettes du passé et j’ai été déçu de la frilosité dont ont fait preuve les institutions internationales. Certes, des arrangements particuliers doivent encore être pris avec des organisations telles que la BAD (Banque africaine de développement) et le FMI (Fonds monétaire international) et ce n’est qu’après la prise de ces accords que les sociétés « donatrices » réouvriront des fonds d’assistance au développement qui permettront de financer des partenaires d’investissements privés entre les opérateurs économiques congolais et européens, dont belges.

L.P. : M. HASQUIN, ministre de la région Bruxelloise, vient de passer quelques jours à Kinshasa. A cette occasion, le président de la République a fait un appel solennel aux hommes d’affaires belges pour qu’ils puissent aider le Congo à se reconstruire. Est-ce que votre visite est une coïncidence ?

G.D.K. : Il faut savoir que la visite du ministre HASQUIN a été quasi impromptue ; l’ambassade n’a été prévenue qu’en dernière minute. En fait, je suis venu d’Abidjan où j’accompagnais un groupe d’opérateurs économiques et la délégation du ministre président de la région Wallonne, M. Robert COLLIGNON.

J’étais à Abidjan pour essentiellement, recueillir le maximum d’informations auprès de la BAD sur sa position concernant des projets relatifs à la RDC. Je dois ajouter que les membres de la délégation politique du ministre COLLIGNON posaient énormément de questions allant dans le même sens. Il me semble donc évident que les opérateurs économiques belges ont pu sensibiliser leur classe politique au point que la problématique du redéploiement économique du Congo revient de plus en plus.

L.P. : Concrètement que répondez-vous à l’appel du président KABILA ?

G.D.K. : Je répondrai que lors de ma précédente visite en août 1997, je venais reconnaître le terrain pour une entreprise belge, un laboratoire pharmaceutique bruxellois. Que cette fois, je reviens pour le même laboratoire, je viens aussi pour un panel d’entreprises dans des secteurs aussi diversifiés que les machines outils, le matériel ferroviaire, le matériel d’atelier industriel, les appareils de séchage, de congélation et toute la problématique du froid, les micros centrales hydroélectriques, le matériel de scieries, le matériel d’emballages etc. Toutes entreprises qui m’ont demandé de trouver un distributeur ou un agent pour commencer. Donc, je pourrais dire, si j’avais la possibilité de répondre au président, que les entreprises belges ont entendu dès les premiers appels, et que leur apparente indécision n’est due qu’à la nécessité qu’ont les investisseurs potentiels d’être rassurés sur le cadre légal, fiscal et financier, du déroulement des affaires. Ceci dit, les propos tenus par le gouverneur de la Banque Centrale M. MASANGU, lors du récent déjeuner conférence organisé avec le concours de la Chambre de Commerce Belgo-Congolaise, sont rassurant en ce qui concerne la restructuration du cadre macro économique et financier du pays.

L.P. : Après 3 voyages au Congo en moins de 12 mois, quel regard avez vous sur la PME/PMI congolaise ?

G.D.K. : Je crois pouvoir dire que la majorité des PME ont compris qu’il faut retrousser ses manches, mais une fois ces manches retroussées elles ne savent pas encore toutes pour quoi faire. Mais elles ne sont pas les seules ; nous sommes en train d’initier, en Belgique, une table ronde dont l’objet de réunir des PME/PMI belges prêtres à retrousser leurs manches au Congo. Par ailleurs, l’arrivée récente (septembre 1997) à Kinshasa d’un serveur Internet permettant l’envoi de courrier électronique rapide et fiable devrait pouvoir dynamiser la communication entre les deux groupes.

Propos recueillis par

Mwamba wa ba Mulamba.